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Les impôts

Requête (all. Petition) auprès du Parlement du Baden-Württemberg

Kehl le 24 juin 2006

Notre association défend les intérêts des citoyens allemands et français dans la région frontalière, en particulier des frontaliers. Nous constatons que dans le domaine des impôts nous sommes désavantagés par rapport à nos concitoyens habitant et travaillant dans un seul pays.

Cas n°1

Sont concernés des couples franco-allemands, dont l'un des conjoints travaille pour l'Etat français. Selon l'article 14 alinéa 1 de la Convention entre la République Fédérale d'Allemagne et la République Française en vue d'éviter des doubles impositions les traitements versés à des fonctionnaires français habitant en Allemagne sont imposables en France. L'article 20 alinéa 1 de cette convention permet à l'Allemagne de tenir compte des ces revenus uniquement pour la détermination du taux des impôts à payer par le conjoint allemand.

Pour calculer les impôts de ses fonctionnaires, L'Etat français se base sur le « montant imposable » des revenus. Or le Centre des impôts de Kehl ne prend pas en considération cette somme et ne respecte donc pas la compétence de la France pour l'imposition des revenus de ses fonctionnaires, enfreignant ainsi la Convention en vue d'éviter les doubles impositions. Pour calculer le taux d'imposition des revenus du conjoint allemand le Centre des impôts de Kehl ne part pas du « montant imposable » du conjoint français, mais d'une somme supérieur qui contient des éléments qui selon la loi française sont exempts d'impôts.

Ceci constitue une violation flagrante de l'article 14 alinéa 1 de la Convention entre la République Fédérale d'Allemagne et la République Française en vue d'éviter des doubles impositions, d'autant plus difficile à comprendre que d'autres Centres d'impôts respectent la Convention et tiennent compte du montant imposable.

En outre les nombreux couples franco-allemands habitant à Kehl se voient discriminés car les sommes versées pour la pension civile, l'assurance chômage et l'assurance maladie sont entièrement prises en compte pour la détermination du taux d'imposition, ce qui n'est pas le cas pour les couples allemands qui peuvent les déduire du montant total des revenus. Il en est de même pour certaines primes ou allocations exemptes d'impôts en France pour le conjoint français qui ne sont pas reconnus par le Centre d'impôts de Kehl. Cette imposition enfreint non seulement l'article 3 GG , mais aussi l'article 21 de la Convention, qui stipule que « les nationaux d'un Etat contractant ne sont soumis dans l'autre Etat contractant à aucune imposition ou obligation y relative, qui est autre ou plus lourde que les impositions et les obligations y relatives auxquelles sont ou pourront être assujettis les nationaux de cet autre Etat se trouvant dans la même situation. »

Cas n°2

Ce cas en principe relativement courant, concerne la population qui réside en Allemagne et travaille en France pour une entreprise du secteur privé. D'après l'accord franco-allemand concernant la double imposition, les revenus sont imposables dans le pays du lieu de résidence. Dans le cas présenté ici, les impôts sont acquittés en Allemagne.

Comme pour le cas 1, le centre fiscal allemand (Finanzamt) ne tient pas compte du montant imposable français. Les salariés travaillant en France subissent des prélèvements sociaux sur les salaires assez importants. Ces déductions salariales directes (Brut/Net) ne sont pas reconnues par le centre fiscal de Kehl ou ne sont reconnues que partiellement par l'application d'un forfait peu significatif. Avec la méthode de calcul du centre fiscal allemand, l'impôt sur le revenu à acquitter en Allemagne représente une multiplication par trois, quatre, ou plus, du montant qui serait à acquitter par le même salarié s'il résidait en France. En agissant ainsi, le centre fiscal allemand décourage fortement les Français à venir habiter en Allemagne.

Cas n°3

Le troisième cas constitue également un cas de traitement fiscal désavantageux à l'égard d’un couple franco-allemand par rapport aux contribuables habitant et travaillant dans un seul pays :

1) Le couple impose la pension alimentaire que le mari verse à son ex-épouse en vertu d'un jugement exécutoire (le couple a quatre enfants, dont deux d’un premier mariage du mari, qui résident chez le couple une semaine sur deux en alternance). Cette pension s’élève à env. 4200 Euros par an, que l’ex-épouse impose également en France. Il s’agit là d’un cas classique de double imposition que l’accord visé ci-dessus est justement censé éviter.

2) A cela s’ajoute le fait que l’autorité fiscale prend, comme assiette d’imposition, le montant total des allocations familiales théoriques du couple,  tel qu’il ressort du droit allemand. Or la caisse d’allocations ne verse qu’un montant différentiel, en diminuant les droits théoriques de la famille (pour quatre enfants) des allocations servies à l'ex-épouse en France. Les époux *** sont ainsi contraints d’imposer un revenu fictif d’un montant d’env. 1 700 € par an qu’ils ne perçoivent pas (en réalité, les allocations, n’étant pas dues en cas d'abattement fiscal („Freibetrag“), doivent être intégralement remboursées ; en l’espèce, les époux remboursent chaque année 1 700 € d'allocations non perçues). Rien ne permet d'indiquer que le texte de l'accord prévoie l'imposition de ce montant différentiel en Allemagne. Nous nous efforcerons de clarifier ce point de droit.         

 

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