De maigres avancées
L'association de
citoyens et citoyennes en région frontalière (ACRF) mise sur les contacts
avec les autorités et les élus pour en finir avec les tracas
administratifs que rencontrent certains Français de l'Ortenau.
Fondée à l'automne 2004, l'association de
citoyens et citoyennes en région frontalière (ACRF) regroupe des Français
résidant dans l'Ortenau. Basée à Kehl, elle milite pour « une législation
claire, accessible et juste » tout en se battant pour tenter de mettre fin
aux tracas administratifs qui compliquent leur vie quotidienne.
A l'occasion de sa dernière assemblée générale, début mai dans les locaux
de l'Euro-Institut à Kehl, la présidente Monique Schneider a dressé un
rapide bilan de l'action menée depuis plus de deux ans. Les résultats
apparaissent pour l'instant plutôt maigres.
L'association a identifié six domaines où se
concentrent, selon elle, les principales «difficultés». En matière
fiscale, l'association dénonce la «surimposition» des fonctionnaires
français vivant en Allemagne et ayant un conjoint allemand. Une première
requête en faveur d'un «traitement équitable» a été rejetée par le Landtag
de Stuttgart. Une seconde réclamation n'a pas encore obtenu de réponse à
ce jour.
Démarches à
Strasbourg ?
Dans le domaine de la santé, l'association
constate que l'accès effectif aux soins n'est pas garanti aux retraités
français établis outre-Rhin. Pour des longs traitements et des
interventions médicales, ces derniers ont besoin d'une autorisation de
leur caisse de sécurité sociale allemande. «On aimerait des textes clairs
pour en finir avec les décisions arbitraires», explique Geneviève Manns,
vice-présidente. «Il existe un règlement européen de 2004 portant sur la
coordination des systèmes de sécurité sociale. Il doit contribuer à
faciliter les choses mais son entrée en vigueur se fait toujours attendre.
»
Pour l'obtention de papiers d'identité, pour
voter à l'élection présidentielle ou pour des questions relatives à l'état
civil, les résidents français du Bade-Wurtemberg doivent selon les cas
s'adresser aux autorités consulaires à Stuttgart ou Fribourg, voire Munich
ou Berlin. L'association aimerait que ces formalités puissent se régler à
Strasbourg. «Les responsables de l'Eurodistrict nous soutiennent. Le maire
de Kehl s'est même déclaré prêt à faciliter localement l'organisation de
permanences dans ce but», indique Mme Manns.
Aucune avancée non plus n'a été enregistrée
en deux ans à propos des « difficultés » relevées en matière d'indemnités
de chômage et de prestations familiales. L'association ne baisse pas les
bras pour autant et continue de multiplier les contacts avec les autorités
concernées et les élus comme dernièrement avec les eurodéputés socialistes
Catherine Trautmann et Evelyne Gebhardt ou la maire CDU d'Offenbourg Edith
Schreiner, porte-parole allemande de l'Eurodistrict Strasbourg-Ortenau.
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