Le Parlement genevois modifie la scolarisation des frontaliers, une solution controversée
Une décision du gouvernement genevois sur la scolarisation des frontaliers
Le parlement genevois a adopté une motion qui pourrait modifier la politique d’éducation des élèves frontaliers à partir de la rentrée 2026. Actuellement, le gouvernement prévoit de ne plus scolariser ces enfants dans le canton, cette décision ayant été annoncée par la ministre de l’Instruction publique, Anne Hiltpold. La fin du régime transitoire en vigueur depuis 2019 implique que ces élèves devront désormais intégrer le système français à la fin de chaque cycle scolaire, ce qui avait suscité des réactions fortes, notamment de la part des autorités françaises et d’Emmanuel Macron.
Cependant, la récente décision du parlement, soutenue par la majorité, propose une solution plus modérée. La motion, qui a été adoptée jeudi soir, demande de permettre aux élèves ayant déjà commencé leur cursus dans le canton, notamment ceux de l’école primaire (1P-8P), de le poursuivre jusqu’à son terme. De même, ceux du cycle d’orientation (CO) seraient autorisés à continuer au secondaire II, au-delà de la 11P. Ce compromis, issu notamment du Parti socialiste soutenu par Les Vert·e·s, a été adopté avec la majorité après un amendement du Centre. En face, le front constitué par le PLR, l’UDC et le MCG s’est opposé à cette mesure.
Ce recul intervient dans un contexte où la volonté de limiter la surcharge des bâtiments scolaires genevois et réaliser des économies avait motivé la fin de la possibilité pour les élèves frontaliers de terminer leur cursus dans le canton. La décision initiale concernait environ 2500 enfants, dont plus de 300 dès la rentrée prochaine, résidant en France voisine ou dans le canton de Vaud. La polémique avait été forte, allant jusqu’à mobiliser des figures politiques françaises, Emmanuel Macron lui-même ayant manifesté son désaccord.
Avec cette nouvelle motion, la question de la scolarisation des frontaliers reste ouverte et fait l’objet d’un compromis visant à apaiser les tensions, tout en respectant la volonté initiale de désengorger le système scolaire genevois, rapportent Le Temps, qui a publié l’article concerné. La décision finale devra encore faire l’objet de discussions, mais cette évolution montre une certaine flexibilité face à la controverse entourant la politique éducative envers les enfants frontaliers.