Crise des emprunts en francs suisses : les frontaliers victimes d’une injustice financière

Infos

Table of Contents

Toggle

Contexte et origine de la crise

De nombreux frontaliers français, principalement dans les zones frontalières comme l’Ain, ont contracté des crédits immobiliers en francs suisses avant 2015. Ces emprunts, effectués malgré un risque de change connu, ont été impactés par la forte dépréciation de l’euro face au franc suisse, qui a perdu près de 40 % depuis 2008 (source). La conséquence est que ces emprunteurs se retrouvent à devoir rembourser davantage, leur dette ayant augmenté en valeur en euros, en dépit d’avoir sûrement déjà remboursé une partie substantielle ou même payé intégralement leur bien immobilier.

Cas emblématiques et témoignages

Annette et Pierre Margand, résidents dans l’Ain, pensent avoir fini de rembourser leur prêt immobilier contracté en 2007, mais leur établissement bancaire leur réclame encore 100 000 euros en raison du change. Miguel Puente, lui, a dû vendre sa maison après avoir perdu son emploi en Suisse ; son crédit initial de 280 000 euros lui coûtera finalement plus de 550 000 euros. Ces exemples illustrent la réalité de nombreux frontaliers confrontés à des surcoûts colossaux liés à la variation du taux de change suisse-euro.

Interventions judiciaires et évolution légale

Face à cette situation, la justice commence à intervenir. La Cour de justice de l’Union européenne a imposé aux banques l’obligation de prouver qu’elles ont bien informé leurs clients des risques liés au change. Plus récemment, la Cour de cassation française a renforcé cette position en janvier 2025, en affirmant que les banques doivent expliquer dès le départ les conséquences possibles en cas de fluctuation du taux de change, notamment lors de licenciements ou de départs en retraite.

Perspectives et recommandations

Environ 40 000 contrats de prêts en francs suisses datés avant 2015 restent litigieux, laissant la porte ouverte à d’éventuelles actions en justice pour d’autres familles. Si les emprunteurs ont tendance à blâmer les banques pour leur ignorance ou leur imprudence, il est aussi souligné que ces derniers auraient pu prendre des mesures de couverture contre le risque de change, moyennant un coût supplémentaire. Les banques, quant à elles, sont en partie responsables de leur devoir d’information. Il est donc conseillé aux frontaliers ayant contracté ce type de crédit de se renseigner sur leurs droits et de consulter des spécialistes en droit bancaire.