Suicide tragique : L’ASFC poursuivie pour négligence sur la santé mentale de ses agents

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Un drame au sein de l’ASFC

En novembre 2023, un employé de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), Glenn Cleary-Fortin, a mis fin à ses jours avec une arme à feu à son poste de travail, malgré des antécédents de troubles de santé mentale. Son conjoint, Germain Boily, intente une poursuite à l’encontre de l’ASFC pour un montant de 1,5 million de dollars, accusant l’agence de négligence dans la gestion de la santé mentale de ses employés et dans le contrôle de l’accès aux armes à feu.

Des signes d’alerte ignorés

Glenn, âgé de 59 ans et travaillant pour l’ASFC depuis 35 ans, avait récemment consulté un médecin pour sa détresse émotionnelle accrue en raison de l’approche de sa retraite. Selon la poursuite, bien qu’il ait présenté des signes d’instabilité émotionnelle, son arme à feu n’a pas été retirée. L’agence avait des directives claires stipulant que ces mesures devraient être appliquées lorsque des employés montrent de tels signes.

Une série de tragédies

La poursuite stratégique repose sur la notion que le suicide de M. Cleary-Fortin n’est pas un événement isolé. Elle mentionne une série de suicides parmi les agents de l’ASFC, avec au moins cinq cas répertoriés depuis 2011. Ces tragédies soulignent des manquements graves dans le suivi de la santé mentale des employés par l’agence frontalière.

Recommandations du coroner

Le rapport du coroner Jean Brochu a révélé des lacunes dans le soutien psychologique offert aux employés de l’ASFC et soulève des questions sur l’efficacité des mesures de contrôle des armes à feu. Il a conseillé à l’ASFC de s’inspirer d’autres corps de police, comme la Sûreté du Québec, qui a mis en place des programmes de soutien aux agents. Le coroner a également appelé à restreindre l’accès aux armes durant les périodes où les agents ne sont pas en service.

Une riposte légale et un appel au changement

Germain Boily, à travers son avocate Me Érika Normand-Couture, exprime sa profonde tristesse et sa colère face à ce manque de réaction de l’ASFC. Il espère que cette action en justice incitera l’agence à prendre des mesures significatives pour prévenir de futurs cas de souffrance et de décès tragiques. Boily souhaite non seulement obtenir justice pour son conjoint mais aussi s’assurer qu’aucun employé ne subisse le même sort à l’avenir.

Il est temps d’agir

Alors que le débat sur la santé mentale au travail et la sécurité des employés dans des domaines à risque perdure, ce cas tragique réaffirme l’urgence de réformes. Les organisations doivent accorder une attention particulière à la santé mentale de leurs employés, en particulier ceux qui manipulent des armes. L’ASFC doit maintenant répondre à ces enjeux de manière proactive pour éviter d’autres tragédies.